Retour sur la Quinzaine Franco-Allemande | Interview SisMiC : Le numérique au service de la décarbonation, mythe ou réalité ?

L'écosystème entrepreneurial aveyronnais prouve régulièrement qu'il sait s'emparer des grands défis contemporains. Le dernier événement orchestré par SisMiC, dont la vocation d'« agitateur numérique » n'a jamais été aussi pertinente, en est la preuve parfaite.
Organisée dans le cadre de la Quinzaine franco-allemande, cette conférence a mis un grand coup de projecteur sur les synergies possibles entre nos outils digitaux et la transition écologique. La soirée s'est articulée autour de deux temps forts : une analyse sans concession des impacts du numérique par Gillo Malpart (Mavana), suivie d'une démonstration fascinante sur la géothermie profonde, rendue possible par le croisement des expertises de la French Tech Méditerranée et de l'ingénierie allemande (SWM).
Pour prolonger les réflexions issues de ce programme dense et comprendre comment ces innovations vont façonner notre stratégie numérique de demain, j'ai posé cinq questions à Chan Ing, Président de l'association SisMiC, Sébastien Oziol (Agence AD’OCC), Sébastien Peron (Bosch Rodez), et Fredy Ficarra (Président d’ECOTER 81).

« Pourquoi est-il important pour SisMiC de s'inscrire dans cette Quinzaine franco-allemande, dont l'introduction a été marquée par la présence de Richard Jarry ? »
L’inscription de SisMiC dans la Quinzaine Franco-Allemande d’Occitanie marque une nouvelle étape dans le développement de l’association, avec une ouverture affirmée vers l’international et les coopérations européennes.
La présence de Richard Jarry en introduction a rappelé l’importance des échanges entre territoires et la nécessité de construire des ponts entre les écosystèmes français et allemands. Cette démarche permet de donner davantage d’envergure aux initiatives locales, tout en inscrivant les acteurs du territoire dans une dynamique européenne.
SisMiC illustre ainsi la logique : « penser global, agir local ».
Même implantées en Aveyron, les entreprises évoluent dans un environnement européen où de nombreuses expérimentations et bonnes pratiques existent déjà, notamment en Allemagne sur les sujets liés à l’énergie, à l’industrie ou à la transition numérique.
Cette coopération franco-allemande apparaît comme essentielle, car le numérique européen repose largement sur la capacité de la France et de l’Allemagne à avancer ensemble pour construire une vision commune et renforcer la souveraineté européenne.
« Lors de la conférence animée par Gillo Malpart (Mavana), le titre posait une question forte : Le numérique au service de la décarbonation : mythe ou réalité ? Face à la balance complexe entre les promesses du numérique et son propre coût environnemental, quelle est la position de SisMiC pour accompagner les acteurs locaux ? »
L’intervention de Gillo Malpart (Mavana) a permis de poser une question centrale : le numérique est-il réellement un levier de décarbonation ou peut-il également devenir une source supplémentaire d’impact environnemental ?
Les échanges ont montré qu’il n’existe pas de réponse simple ou universelle.
Le numérique peut effectivement contribuer à la transition énergétique et écologique, mais uniquement s’il est pensé avec méthode et discernement.
La transition énergétique constitue aujourd’hui une priorité économique, sociale et sociétale. Dans ce contexte, le numérique apparaît comme un outil technologique nécessaire pour accompagner cette transformation. Toutefois, plusieurs intervenants ont rappelé qu’il ne fallait pas “foncer vers le numérique” sans se poser les bonnes questions.
Les effets rebonds, la consommation énergétique des infrastructures ou encore la multiplication des usages imposent une approche pragmatique et mesurée. L’enjeu n’est donc pas uniquement technologique : il concerne également les usages, les modèles économiques et les méthodes d’évaluation des impacts.
Le rôle de SisMiC est justement d’accompagner les entreprises et les collectivités dans cette réflexion, en les aidant à prendre du recul sur leurs usages numériques, à évaluer concrètement leurs impacts et à identifier des solutions réellement utiles, adaptées et mesurables.
L’objectif est avant tout d’informer de façon juste et appropriée afin d’aider les acteurs publics et privés à prendre des décisions éclairées.

« Gillo Malpart a également insisté sur les moyens d'évaluer concrètement ces impacts et a partagé des cas d'usage. Parmi les exemples présentés ce soir-là, y en a-t-il un qui, selon toi, devrait particulièrement inspirer nos entreprises et collectivités territoriales en Occitanie ? »
Un enseignement transversal ressort des différents cas présentés : la valeur du numérique dépend avant tout de sa capacité à répondre à des problématiques concrètes et mesurables.
Les exemples autour de la géothermie et de l’exploitation des données environnementales ont particulièrement illustré cette approche. Ils montrent comment le numérique peut être utilisé pour mieux localiser une ressource, optimiser une décision opérationnelle, réduire les coûts et limiter les impacts environnementaux.
Plus que les cas d’usage eux-mêmes, plusieurs intervenants ont insisté sur l’importance de la méthode :
- analyser les besoins réels,
- collecter des données fiables,
- croiser les informations disponibles,
- puis mesurer concrètement les impacts et les résultats obtenus.
Une idée forte est revenue au cours des échanges :
« Plus on a de données, plus on est précis ; plus on est précis, plus on sait de quoi on parle. »
Pour les entreprises et les collectivités territoriales, cela implique de développer des approches fondées sur l’observation, l’expérimentation et l’évaluation, plutôt que sur des effets d’annonce technologiques.
Le numérique prend alors tout son sens lorsqu’il devient un véritable outil d’aide à la décision, au service d’objectifs concrets et mesurables.
« La deuxième partie de soirée a mis en lumière la géothermie profonde. Peux-tu nous expliquer comment une solution numérique, comme celle portée par Sébastien Lacaze de Look Up Geoscience, parvient concrètement à optimiser l'exploration physique de ces sources d'énergie décarbonées ? »
L’approche présentée repose sur l’exploitation avancée de données géoscientifiques afin d’optimiser l’exploration énergétique. Le numérique permet notamment :
- d’agréger des données complexes (géologiques, sismiques et historiques),
- de modéliser le sous-sol avec davantage de précision,
- et surtout de réduire les incertitudes avant d’engager des opérations lourdes et coûteuses comme les forages.
Dans ce contexte, la géothermie apparaît comme une illustration concrète de la transition énergétique locale, tandis que le numérique constitue l’outil technologique permettant d’en améliorer l’efficacité et la fiabilité.
L’enjeu est majeur : en augmentant la précision des analyses et le taux de succès des explorations, le numérique devient un véritable accélérateur de projets d’énergie décarbonée.

« La table ronde a permis de croiser le regard de Sébastien Lacaze, représentant la French Tech Méditerranée, avec celui d'Andreas Bosold, expert géologue allemand chez SWM. Qu'est-ce que ce dialogue technique et transfrontalier apporte concrètement comme vision pour l'avenir de nos entreprises et de notre territoire en Aveyron ? »
Les échanges entre Sébastien Lacaze et Andreas Bosold ont illustré l’intérêt concret des coopérations techniques et culturelles entre la France et l’Allemagne.
L’Allemagne bénéficie déjà d’un retour d’expérience avancé sur certains sujets, notamment la géothermie et certaines applications industrielles liées à la transition énergétique. Le partage de ces expériences permet aux acteurs français de gagner du temps, d’éviter certaines erreurs et d’accélérer leurs trajectoires d’innovation.
Plus largement, les intervenants ont rappelé que l’innovation repose aussi sur la confrontation de points de vue et l’échange entre cultures différentes.
Pour un territoire comme l’Aveyron, cette ouverture représente une opportunité importante :
- ne pas rester isolé,
- benchmarker les meilleures pratiques européennes,
- aller voir ailleurs ce qui fonctionne,
- et adapter ces modèles aux réalités locales.
Cette dynamique de coopération permet ainsi d’envisager une transition numérique et énergétique plus rapide, plus robuste et mieux connectée aux enjeux européens.

Comme le soulignent parfaitement les membres de SisMiC, le numérique n'est pas une fin en soi, mais un levier de décision puissant lorsqu'il est utilisé avec discernement et méthode. Cette soirée de la Quinzaine Franco-Allemande a démontré que notre territoire n'est pas isolé : en s'ouvrant aux meilleures pratiques européennes et en s'appuyant sur des données précises (comme l'illustre si bien la DeepTech au service de la géothermie), l'écosystème aveyronnais et occitan a toutes les cartes en main pour réussir sa transition écologique. SisMiC confirme ainsi son rôle essentiel de boussole pour accompagner les acteurs locaux vers un numérique mesuré, utile et à impact positif.

Mettre en lumière les dynamiques de notre territoire
Tout comme la réussite d'un projet technologique repose sur la précision des données, la pérennité d'un événement repose sur la qualité de sa documentation visuelle. Capter les échanges, valoriser les intervenants et retranscrire l'énergie d'une salle sont au cœur de mon métier.
Si, à l'image de SisMiC, vous êtes une association, un réseau ou une entreprise en Aveyron ou en Occitanie et que vous organisez des conférences, des tables rondes ou des événements d'entreprise, je suis à votre disposition pour en assurer la couverture photographique. Un reportage visuel de qualité est le meilleur moyen de prolonger la durée de vie de vos événements, de nourrir votre communication digitale et de valoriser vos engagements auprès de votre audience.
N'hésitez pas à me contacter pour discuter de la mise en valeur de vos futurs projets !
Crédits photographiques : L'ensemble des photographies illustrant cette publication ont été réalisées par Franck Tourneret.
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